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martes, 22 de noviembre de 2022

FAIRE OU NE PAS FAIRE (DE) QUARTIER

Journée du 16 décembre 2022 – “Faire ou ne pas faire (de) quartier?” 

Le projet collectif (UMR ArScAn) ARCHÉOLOGIE DU FAIT URBAIN (AFU) tiendra le vendredi 16 décembre 2022 sa cinquième journée d’étude. Elle aura pour sujet “Faire ou ne pas faire (de) quartier ?”

Besançon – ZAC-Pasteur – vue d’une partie des vestiges antiques en cours de fouille © Dominique Delfino, INRAP


Cette journée d’étude aura lieu à l’université Paris Nanterre (Bâtiment Max Weber, salle de séminaire 2) et en distanciel le16 décembre 2022, de 9h00 à 17h30. Le programme de cette journée est disponible ici

Si vous souhaitez assister à cette journée, nous vous demandons de bien vouloir vous inscrire sur le tableau à cette adresse

N’hésitez pas à diffuser l’information dans vos réseaux!

lunes, 4 de abril de 2022

LES CITÉS ROMAINES (COMPTE-RENDU)

Compte-rendu :  Xavier Lafon, Ricardo González-Villaescusa, Les cités romaines, Paris, Que sais-je ? 4173, 2021, 128p ; Société Française d'Histoire Urbaine - Revue Histoire Urbaine.

Il faut un courage certain pour vouloir affronter dans les limites d’un « Que sais-je ? » un sujet aussi vaste que celui des cités romaines ! Cette collection comportait déjà sous le numéro 657 un ouvrage devenu un classique, celui de Pierre Grimal, Les villes romaines, dont la première édition remonte à 1954, la 3e (mais pas la dernière) à 1966. Autant dire qu’il est désormais possible grâce à ce nouvel opuscule de mesurer le long chemin parcouru par la recherche depuis la période de l’Après-Guerre.

Bien évidemment, malgré le titre très large retenu, un certain nombre de choix ont dû être réalisés, parfaitement explicités dans l’introduction. Le premier et peut-être le plus important a été de limiter l’emprise territoriale de l’étude à la partie occidentale de l’Empire romain, en gros celle qui n’avait pas, sauf exceptions, « bénéficié » de l’apport fourni antérieurement à la conquête par le monde des cités-états helléniques : la conquête romaine se traduit donc dans la zone étudiée par la création de cités même si l’on relève depuis approximativement une trentaine d’années des recherches qui, en particulier en Gaule, ont établi l’existence d’une organisation antérieure des différents « peuples », organisation annonciatrice en quelque sorte de la création des « cités ». Quelques exceptions cependant tendent à réduire cette coupure géographique comme l’étude des mouvements de population (l’exode rural relativement faible) traités à partir de la documentation papyrologique égyptienne. Bien évidemment, la bibliographie a dû être drastiquement limitée, réduite à seulement 37 références et le propos prend, comme cela est également précisé, plus la forme de notes de séminaires que celle d’une analyse approfondie, tous les cas, toutes les différences, ne pouvant être traités de façon équivalente. Le lecteur un peu informé souhaiterait donc régulièrement pouvoir infirmer la pensée de l’auteur par la prise en compte de contre-exemples. C’est là une limite inhérente à toute tentative de synthèse sur un sujet où la documentation est abondante mais souvent contradictoire. De fait, le lecteur à travers les exemples retenus n’a pas trop de peine pour suivre le parcours géographique des différentes affections universitaires, l’Andalousie et les Baléares, Reims, Nice, suivi par l’auteur, où il s’est largement investi dans la recherche locale ! 

Un certain nombre des domaines traités ne présente en conséquence pas de grandes originalités, en particulier les chapitres consacrés à l’urbanisme et à la monumentalisation des chefs-lieux de cité, redevables des travaux antérieurs de spécialistes comme Pierre Gros. Ceci est à mettre en relation avec l’ambiguïté depuis longtemps relevée qui règne entre les concepts de ville et de cité dans le monde antique, voire entre citadin et citoyen. La cité entendue comme territoire ne peut exister sans une « capitale » où sont concentrés tous les éléments de la gouvernance et l’essentiel des lieux du culte « civique ». Inversement le chef-lieu ne peut se comprendre sans le territoire qui l’entoure, territoire dominé économiquement et culturellement par lui mais indispensable pour assurer son autonomie économique et donc pour finir politique. Il en résulte la nécessité d’étudier les deux éléments en étroite symbiose et dans les faits, le passage de l’un à l’autre dans l’étude est permanent. 

L’originalité de la démarche apparaît plus nettement dans l’orientation clairement géographique invoquée par l’auteur. Dans la lignée des études menées en son temps par l’équipe de Besançon sous la responsabilité de Monique Clavel (autrice d’une thèse remarquée publiée en 1970 sur Béziers et son territoire dans l’Antiquité), puis celle de Lattes avec Jean-Luc Fiches, c’est bien la prise en compte de cette dimension qui est ici essentielle. Traditionnellement c’était l’étude administrative et politique (le statut des différentes cités) qui dominait les recherches sur les cités, permettant de distinguer les différents types de colonies, de municipes, de cités libres ou fédérées etc., avec une insistance sur l’autonomie politique réelle ou supposée de chaque cité par rapport à Rome. Les conséquences sur la panoplie monumentale du chef-lieu constituaient le prolongement obligatoire de la prise en compte de ce statut avec la nécessité de comparer les réalisations provinciales de différents niveaux liés au statut, avec les « modèles » romains. Il est donc parfaitement logique que le premier chapitre soit ici consacré à la mise en place de ce réseau territorial à la suite de la conquête et après un second, consacré à une analyse forcément rapide des différentes provinces prises en compte, que le troisième revienne sur les critères d’implantation et de dénomination. Le fil directeur est bien l’affirmation d’une emprise généralisée de l’empire romain malgré l’autonomie relative de chaque cité pendant les deux siècles du haut Empire, avec un double caractère de « Discontinuité urbaine et [de] continuité civique » comme le rappelle, entre autres, un des sous-titres d’un chapitre. L’auteur insiste à juste titre sur l’importance du réseau routier comme élément unificateur de ce « réseau » de cités, en parallèle avec l’autonomie économique : le territoire de la cité et le chef-lieu abritent tous deux les éléments productifs, agricoles et artisanaux, essentiels mais les échanges à longue distance sont également indispensables pour répondre aux besoins des populations et de leurs élites. Les deux derniers chapitres mettent l’accent principalement sur les aspects strictement urbains, la monumentalisation dont il a déjà été question et la démographie avec la prise en compte notamment des pathologies urbaines. 

 Dans les discussions qui notamment en France opposent partisans d’une main mise complète de l’empire romain sur le monde provincial et ceux qui mettent en avant le maintien de pratiques et d’habitudes héritées du monde gaulois, l’auteur prend clairement partie pour les premiers. Dans ces conditions, la fin de l’empire romain occidental, marqué par la fondation de Constantinople en 330, ne peut que coïncider avec la fin de la « cité » signifiant également la fin d’une certaine forme de ville et dans de nombreux cas, la disparition de la ville elle-même dans ce qu’elle a en particulier de monumental. Ce petit ouvrage répond donc parfaitement aux attentes en proposant une vision synthétique et engagée de l’histoire de la cité dans la partie occidentale de l’empire.

jueves, 31 de marzo de 2022

LES CITÉS ROMAINES

Vue de Vienne à l'époque romaine, 1860 d'Etienne Rey
© Bridgeman images
« Les cités romaines et la structure territoriale de l'Empire romain »

Conférence de Ricardo González Villaescusa, gratuite, suivie de la vente et dédicace de l’ouvrage Les cités romaines, collection Que sais-je ? paru en 2021. 

 Le Samedi 2 avril 2022 à 14h30 à l’auditorium du Musée d'Archéologie nationale, Domaine National de Saint-Germain-en-Laye L’expansion de Rome entraîna une forme particulière d’organisation sociale : la cité romaine. 

Dans la continuité des cités-États méditerranéennes, cette modalité territoriale de la civitas a donné naissance à plusieurs centres urbains entourés de leurs propres territoires, dont la juxtaposition a durablement structuré l’empire. Organisée autour d’une communauté de citoyens qui la dirigeait, le populus, la cité jouissait d’une certaine autonomie sous un même droit. Matérialisations de cette communauté, édifices et monuments représentaient par excellence l’urbanitas, le mode de vie urbain. 

Renseignements au 01 34 51 65 36 (du lundi au vendredi, de 9h à 12h30) Réservation obligatoire dans la limite des places disponibles, via le lien suivant :  

Lien vers le site web d’ArScAn.

jueves, 3 de marzo de 2022

LES CATASTROFES EN MILIEU URBAIN

Restos de un soldado de las guerras sertorianas en Valentia
según Alapont et al. 2009
Journée doctorale Questions d’historiographie à propos de l’étude de la ville en Europe de l’Ouest (Protohistoire, Antiquité, Moyen Âge).

Équipes d’ArScAn : GAMA et THEMAM, Josiane Barbier (Themam), Brigitte Boissavit-Camus (Themam) et Ricardo González Villaescusa (GAMA) coord.

Volet 1 : Ricardo González Villaescusa (Paris Nanterre, ArScAn-GAMA), Marguerite Ronin (CNRS, ArScAn- ESPRI&LIMC, RONIN Marguerite) coord., Les catastrophes en milieu urbain (Protohistoire-Antiquité tardive).

Salle séminaire 1 au bâtiment Weber, université Paris Nanterre

Intervenants

9h30-10h00 – Ricardo González Villaescusa, Présentation et introduction : Clades et evertere urbes. L’urbicide dans le monde antique ?

10h00-11h00 – Marguerite Ronin, Destructions naturelles et intégration de la notion de risque : le cas des inondations à Rome entre République et Empire.
Le risque d’inondation, lié aux crues régulières du Tibre, était parfaitement intégré par les Romains qui cherchèrent à s’en prémunir par des réponses techniques dont les plus connues sont l’aménagement d’un réseau de drainage (la Cloaca Maxima) et l’endiguement des berges. Outre ces travaux spectaculaires, une attention quotidienne au risque fluvial était également développée au niveau individuel. Cette communication se concentrera sur l’élaboration des solutions juridiques que les particuliers pouvaient mettre en œuvre pour protéger leurs activités et leurs intérêts économiques.

11h00-12h00 – Benoît Rossignol, (Univ. Paris 1 Panthéon Sorbonne), Quelle place pour la ville dans les récits d'épidémies antiques ?
Même si des zones rurales peuvent être regardées comme « pestilentielles », en particulier les marais, l'épidémie pestilentielle dans l'antiquité est avant tout un phénomène urbain. Dans la continuité de la description fondatrice de Thucydide, les récits d'épidémies présentent souvent des éléments récurrents. Il semble que l'épidémie menace la perception usuelle de l'espace urbain en brouillant les repères : les morts sont dans la rue, la ville ne procure plus les agréments de la salubrité et les relations sociales y sont menacées, il faut désormais fuir l'espace de la sédentarité. À partir d'étude de cas on cherchera à rendre compte plus précisément de la place de la ville dans ces récits d'épidémie pestilentielle et de ses éventuelles évolutions.

Pause repas

14h00-15h00 – Hector Uroz Rodríguez (Univ. de Murcia), La destruction de l'oppidum de Libisosa durant les guerres sertoriennes.
Le site archéologique de Libisosa (Lezuza, Espagne) offre une séquence historique qui commence dans la période du Bronze final et se termine à la fin du Moyen Âge, en connaissant une phase de colonie romaine. Entre la période ibérique finale et tardo-républicaine les fouilles archéologiques ont fourni une richesse d'informations en raison des contextes fermés dus à la destruction de l'oppidum du peuple ibère des Oretans dans le cadre du conflit entre les armées sertoriennes et pompéiennes (81-72 av. J.-C.). Une telle dévastation fournit une instantanée de la destruction des populations, des structures architecturales et du mobilier, figeant un instant de l'histoire. Une histoire qui reflète l'activité économique et religieuse des élites locales qui ont profité de l'importance géostratégique de l'enclave de Libisosa. 

15h00-15h30 – Marguerite Ronin, Conclusion

domingo, 12 de diciembre de 2021

CARBONE 14, LE MAGAZINE DE L'ARCHÉOLOGIE

Que savons-nous des cités romaines ? Entretien sur France Culture de Radio France, programme Carbone 14, émission du 11 décembre 2021.

Nous le savons, Rome est avant tout une idéologie de la centralité, puisqu’elle se compose de douze voies qui la relient au reste du monde, au monde des villes notamment. Ainsi, environ 2 700 cités parsemaient l’empire romain, durant l’antiquité.

Cryptoportique sous le forum de la ville d'Augusta Prætoria (Aosta, Italie). 
Crédits : © Esther Vidal Ros-EOX
Pour se faire une idée du monde urbain romain, quoi de mieux que cette extraordinaire carte, la fameuse Table de Peutinger. Celle-ci nous permet déjà d’apprécier la hiérarchie entre les villes et les petites agglomérations, voire relais routiers des itinéraires. 8 000 kilomètres de l’œkoumène y figurent, la terre habitée, de la côte anglaise et la Manche jusqu’à l’Inde.
Détail de la table de Peutinger autour de Rome
Crédits : Wikimedia Commons
Tombées dans l’oubli, nombre d’entre elles, désormais anonymes, restent, de nos jours, enfouies sous les labours, voire les forêts, car, rappelons-le, les villes, les cités meurent aussi. D’autres, plus chanceuses, ont toutefois perduré, sous des mètres et des mètres de déblais, et sont partiellement exhumées à l’occasion d’aménagements urbains : c’est bien entendu le cas de Lyon, Arles, Nîmes, Bordeaux, Rennes, Reims ou Paris…

Curieusement, on ne dit pas villes, mais cités romaines, donc, le magazine d’archéologie de France Culture ouvre le dossier de ces cités, de leur urbanisme, de leur vie. Ainsi, on y apprend que la fondation de Londres (Londinium) créée par les Romains vers l’an 43, puis son développement, sont intimement liés à la consommation du cabillaud, des milliers d’arêtes et de vestiges de ce poisson ayant été retrouvés jusqu’au Ve siècle de notre ère, date du déclin de la cité.

Prélèvements sédimentaires dans l'égout d'Augusta Prætoria 
(Aosta, Italie). Crédits : © R. González Villaescusa
Nous en parlons avec Ricardo González-Villaescusa, professeur d’Archéologie de la Gaule et du Nord-Ouest européen à Université Paris-Nanterre.

 

Pour en savoir plus

 

miércoles, 24 de noviembre de 2021

CivEUr CIVITATES ET VRBES EUROPÆ

Chaire Jean Monnet  CivEUr CIVITATES ET VRBES EUROPÆ : (Cités et villes de l’Europe) : histoire, protection et projet urbain de la ville européenne

 Abstract

Ciuitates et urbes Europæ (Cities and Towns of Europe). History, protection and the urban project of the European city): CivEUr Chair project aims to highlight the lessons and research already in place in the various components of the University Paris Nanterre, in order to deepen the field of European studies around the history of the European city. The past: genesis, training and urban environment; the present: European legal and normative framework, as well as scientific heritage protection practices such as urban archaeology; and the future, the urban project, development, urban planning and regeneration, local development, and the trades that derive from it. The gradual specialization of disciplines from the 1970s has diverge the conceptions of the scholars who treat the contemporary city and the historic city. The project aims to be a teaching experiment and a gathering of disciplines around the city. The renewal of the methods without separating the analysis and the practice, the knowledge and the application, the faceto-face training and the initial training, or the distance learning with diffusion of podcasts and documents on the website, want to favour in the long term a perpetuation of an Academic Training. This phase will make it possible to specify the outline of the training and the professional sectors interested in the creation of a new diploma where the European city will be at the centre of formal background on the knowledge and the professionalization of the scientific practices of the urban project. CivEUr wants to be a discussion forum that federates and integrates colleagues working on the city within the University Paris Nanterre and open this forum to other colleagues from European universities through the taveling seminar "Europe of Cities" and the international symposiums.

Etat de l’Art et objectifs

La « ville globale » est en grande partie une ville européenne. « Les villes de l'Europe sont nées avec l'Europe et, dans un certain sens, en ont accouché » d’après L. Benevolo, et c’est le modèle de ville européenne qui s’est imposé au monde par la colonisation avec des caractéristiques communes qui autorisent une « forme de l’urbain partagée en Europe » (H. Galinié).

Face aux revendications identitaires nationales, la recherche sur la configuration historique identitaire européenne peut aider à l’intégration européenne : en plus de l’Europe des régions il y a une place pour l’Europe des villes. En fin de compte, ce n’est pas la première configuration supranationale qu'a connu l’Europe. L’Empire romain était déjà un réseau de cités autonomes mais pas indépendantes, sans intermédiaires entre l’Urbs, Rome, et toutes les autres cités.

Dans sa configuration actuelle, la ville européenne naît au Moyen Âge, mais prend racine dans la première expansion globale qu’a connue l'Europe : la romanisation. Le modèle de la polis et la ciuitas est le premier modèle urbain qui touche le territoire de l'ancienne Europe consolidé par l'intégration de populations hétérogènes dans une citoyenneté commune, celle du droit romain de cité et le catalyseur d’une identité partagée. La fin de la civilisation romaine, fait évoluer vers d’autres systèmes et cultures urbaines : la ville chrétienne ; l’Islam d’al-Andalus et de la Sicile ; Constantinople puis l’Empire ottoman. Mais la genèse de la ville européenne se situe entre les XIe et XIIIe siècles, la ville connaît son élan définitif. Les villes sont des fabriques de citoyens, de marchands et de la « société de la connaissance ». En effet, les universités naissent avec et dans les villes, comme espace de liberté et lieu privilégié du travail intellectuel « qui se doit d'être exercé en ville », d’après C. Hottin.

Ce cadre urbain, est à l’origine d’une « bonne partie du patrimoine culturel mondial » [Résolution 98 (2000) sur les villes historiques en Europe]. La protection et la mise en valeur de ce patrimoine urbain est aujourd’hui un moteur pour renforcer l’identité locale, tout en étant le catalyseur d’une identité européenne et d'une cohésion sociale multiculturelle. De plus, la nouvelle économie « du savoir » peut générer une économie durable dans les villes historiques (R98, § 27) avec la gestion des ressources historiques et patrimoniales, dans un cadre d’exploitation touristique. Aujourd’hui, il existe toute une série de métiers de la recherche de la connaissance de ce patrimoine commun, de sa protection et de sa mise en valeur, qui sont à l’origine d’une bonne partie des emplois qui accueillent les étudiants européens des sciences historiques et archéologiques : historiens, historiens de l’art, archéologues, architectes, urbanistes ; de la protection : archives, musées, archéologie préventive ; et de la mise en valeur : médiation, guidage, développement local, aménagement urbain.

Depuis l’époque de la production des grandes écoles de pensée et des études historiques sur la ville, la progressive spécialisation des disciplines à partir des années 70 a fait diverger les conceptions des spécialistes qui traitent la ville contemporaine et la ville historique. La seule exception, française d’ailleurs, était le Centre Nationale d’Archéologie Urbaine (CNAU) de Tours qui a définitivement disparu depuis 2016. Il n’y a plus d’interaction entre les disciplines traditionnelles qui s’occupent de la ville : Archéologie, Histoire, Géographie, Urbanisme, Aménagement, Architecture, Sociologie... Mais la forme urbaine actuelle n’est pas seulement l’émergence d’éléments en interaction et complexité structurelle à un moment donné, elle est également porteuse de sens pour ses usagers, sens culturellement, socialement et historiquement connoté, participant à la complexité de la ville en tant que système social. L’Histoire urbaine et l’approche culturelle peuvent ainsi devenir une nouvelle perspective pour la complexité structurelle de la ville.

Il est temps de rompre avec cette tendance historiographique globale, d’une part, et académique, et locale, de l’autre. Les résultats de 30 ans de fouilles archéologiques urbaines dans le cadre de la Convention européenne pour la protection du patrimoine archéologique (La Valette, 1992) montrent un cumul de données extraordinaire sur la genèse et la fabrique urbaine. L’étude de la ville historique et le patrimoine urbain configurent des archives du sol et des solutions pratiques pluriséculaires de ce qui a fait ses preuves dans la configuration de la ville moderne.

Le projet de Chaire Jean Monnet Civitates et Urbes Europæ : (CivEUr) veut mettre en valeur les enseignements déjà en place dans les différentes composantes de l’Université Paris Nanterre (UPN), afin d’approfondir les études autour de l’histoire de la ville européenne. Le passé : genèse, formation et environnement urbains ; le présent : cadre légal et normatif européen, ainsi que pratiques scientifiques de protection patrimoniale comme l’archéologie urbaine ; et le futur : le projet urbain, la mise en valeur, l’aménagement et régénération urbaines, le développement local, et les métiers qui en dérivent.

Le projet a vocation à être un ensemble d’enseignements qui lie des disciplines rarement étudiées ensemble. Le renouvellement des méthodes, sans séparer l’analyse et la pratique, la connaissance et l’application, la formation présentielle et la formation initiale, ou la formation à distance avec diffusion de podcasts et documents sur le site crée ad hoc, veulent favoriser à terme une pérennisation de la formation. Cette phase permettra de préciser les contours de la formation et les secteurs professionnels intéressés à la création d’un séminaire permanent sur la ville européenne au cœur de la connaissance et sur la professionnalisation des pratiques scientifiques du projet urbain.

CivEUr veut être un forum de discussion qui fédère et intègre les collègues travaillant sur la ville au sein de l’UPN et ouvre ce forum à d’autres collègues des universités européennes par le biais des séminaires de recherche et des colloques internationaux qui en dérivent. L'ouverture doit se faire aussi vers les métiers et les acteurs sociaux du projet urbain à travers la collaboration sous forme de formation continue et de débat ouvert. L’impact s’effectuera à tous les niveaux géographiques (local, régional et international) mais aussi à tous les niveaux sociologiques des citoyens européens (chercheurs, professionnels, décideurs, acteurs et usagers de la ville…). De ce point de vue, CivEUr apparaîtra comme un référent national et européen de la recherche sur la ville avec, comme but ultime, la configuration d'un réseau européen et d’un projet qui tentera de répondre au rôle joué par le patrimoine culturel dans « la création et le renforcement de la valeur sociale, avec la capacité d'inspirer et de promouvoir la participation des citoyens à la vie publique, d'améliorer le bien-être des individus et des communautés » mis en évidence par le World Cities Report 2020 - The value of Sustainable Urbanization, du United Nations Human Settlements Programme : www.unhabitat.org.

On voit ici que la Chaire répond à deux objectifs généraux des activités Jean Monnet « enseignement et recherche », à savoir l’amélioration de la qualité de la formation des enseignants sur les sujets relatifs à l’Europe et la promotion de l’excellence dans l’enseignement et la recherche en ce qui concerne les études européennes.

viernes, 10 de septiembre de 2021

LES CITÉS ROMAINES

R. González Villaescusa, Les cités romaines, Presses universitaires de France, « Que sais-je ? », Paris, 2021.

Résumé

L’expansion de Rome entraîna une forme particulière d’organisation sociale : la cité romaine. Dans la continuité des cités-États méditerranéennes, cette modalité territoriale de la civitas a donné naissance à plusieurs centres urbains entourés de leurs propres territoires, dont la juxtaposition a durablement structuré l’empire. Organisée autour d’une communauté de citoyens qui la dirigeait, le populus, la cité jouissait d’une certaine autonomie sous un même droit. Matériali­sations de cette communauté, édifices et monuments représentaient par excellence l’urbanitas, le mode de vie urbain.

Remontant aux origines de notre propre conception de la citoyenneté, Ricardo González-Villaescusa fait renaître de leurs ruines ces lieux centraux qui facilitaient la circulation des personnes, des marchandises et de l’information, et qui, en étant comme autant de petites Rome disséminées, ont créé un grand réseau urbain jusqu’aux confins de l’empire.

Caractéristiques

Nombre de pages: 128
Code ISBN: 978-2-7154-0077-1
Numéro de tome:  4173
Numéro d'édition: 1
Format : 11.5 x 17.6 cm

Sommaire

Introduction

Chapitre premier – De la cité-État à l’empire

I. Fonder et créer une cité
II. La première colonisation romaine
III. La construction du territoire provincial
IV. Droit de conquête et conditions des terres

Chapitre II – Les territoires de l’expansion occidentale

I. L’Ibérie
II. Le nord de l’Afrique
III. La Narbonnaise et les Gaules
IV. Les Germanies et la Bretagne

Chapitre III – Le mythe colonial

I. Facteurs d’implantation
II. Nommer et renommer
III. L’appropriation du milieu
IV. Discontinuité urbaine et continuité civique

Chapitre IV – Les relais de Rome

I. Centralité
II. Densité
III. Tous les chemins mènent à Rome !
IV. Urbanisme au-delà du pomœrium

Chapitre V – L’autonomie économique

I. Le territoire vivrier des cités
II. Production urbaine
III. Consommation urbaine
IV. L’autonomie financière

Chapitre VI – La ville en espaces

I. L’urbanitas
II. L’habillage monumental
III. Trame urbaine et voirie
IV. Domus et unité familiale

Chapitre VII – Vivre et mourir en ville

I. Démographie et densité urbaine
II. Pathologies et maladies urbaines
III. Déchets et déjections
IV. Les morts et la cité

Épilogue – La fin de la cité

Bibliographie

Autour de l'auteur

Ancien membre scientifique de l’École des hautes études hispaniques et ibériques de la Casa de Velázquez, Ricardo González-Villaescusa est professeur d’archéologie à l’université Paris-Nanterre. Ses recherches portent sur la diffusion et la réception des modèles urbains de la colonisation romaine.